Ficool

Chapter 23 - le visage de l'innocence

Je n'ai jamais cherché à vivre pour elle.

C'est faux, ça. C'est ce que les gens disent quand ils veulent se donner une excuse propre.

Moi, j'ai juste voulu me sentir vivant avec elle m'a mère . Vivant pour nous. Même si ce "nous" n'a jamais vraiment existé ailleurs que dans ma tête.

Je me le répète souvent, comme un mantra qui ne marche plus.

Je me dis que si toutes les douleurs du monde se mettaient en rang devant elle, aucune ne saurait la ramener à ce que j'étais. A ce que j'ai fait. A ce que je suis devenu.

Et pourtant, la douleur que j'ai de l'aimer, celle-là, elle ne me quitte jamais. Elle ne cicatrise pas. Elle ne saigne même plus. Elle est installée.

La blessure sur ma tête me fit mal, mais j'aimais ça. Je me sentais vivre enfin juste un peu.

Virginie était paniquer pendant que le bruit de pas des policiers s'avançaient vers nous vers la cave.

Je ne sais plus comment l'aimer davantage.

Je ne sais plus comment penser à elle sans que ça me brûle de l'intérieur.

Il y a des jours où j'ai l'impression qu'elle m'a enfermé dans ma propre tête.

Et d'autres où je comprends que c'est moi qui ai fermé la porte.

Elle est l'otage de mes pensées.

Et moi, je suis prisonnier de mon désir pour la mort et mes meurtres qui sont une extension de moi.

Un désir qui ne cherche plus à être partagé. Juste à survivre. La mort est ton futur lieu de vie virginie... Mais la prison sera ton nouveau chez toi avant que l'enfer ne t'épouse.

Parfois, j'aurais voulu être autre chose.

Quelqu'un d'autre.

Pas cette ombre qui traverse les nuits sans laisser de trace, pas ce type qui vole des réponses dans le silence, comme si le silence allait finir par parler.

Je ramasse des mots qui ne sont pas à moi. Des souvenirs qui ne m'appartiennent plus. Et je fais semblant de comprendre.

Mais je ne comprends rien.

Je ne la vois pas.

Je la désire.

Je ne l'entends pas.

Mais je l'espère.

Et c'est ça le pire.

L'espoir.

Pas l'amour. Pas la haine. Pas la colère.

L'espoir, c'est ce qui reste quand tout le reste est mort, et que toi, tu continues quand même à respirer.

Il y a des nuits où je me dis que si elle me regardait vraiment, elle ne verrait rien.

Juste un vide qui a appris à marcher droit.

Un homme qui confond encore l'amour avec l'obsession, la présence avec le manque, la rédemption avec la survie.

Je ne cherche plus à être sauvé.

Je cherche juste à tenir.

Encore un peu.

Parce qu'au fond, je le sais :

je n'ai jamais été fait pour aimer sans détruire quelque chose.

Elle.

Ou moi.

Soudain la porte de la cave vola en éclats se qui résonnait dans mon esprit comme un tonnerre, un sceau de la fin.

La police était devant nous.

La porte de la cave avait cédé, exactement comme je l'avais imaginé.

Mon père n'a jamais été doué pour réparer quoi que ce soit. Les portes, les murs… ou les vivants.

J'étais allongé au sol.

Sur le flanc.

La joue écrasée contre le béton froid, humide, poisseux.

Le bâillon me sciait la bouche. Un morceau de tissu sale, serré trop fort.

Je respirais mal.

Chaque inspiration me brûlait la poitrine.

Je ne pouvais pas parler.

Je ne pouvais pas expliquer.

Je ne pouvais même pas crier.

Juste regarder.

La lumière des torches nous frappa brutalement.

Deux silhouettes.

Deux voix.

— « Police ! Lâchez votre couteau ! »

Le faisceau s'abattit sur Virginie comme une lame.

Elle sursauta.

Elle tremblait. Le couteau lui échappa presque des doigts.

Elle était debout.

Moi, j'étais à terre.

Blessé.

Ligoté.

Invisible.

— « Ce… ce n'est pas moi… » balbutia-t-elle.

— « C'est lui… c'est lui le monstre… »

Elle me désigna.

Je voulus réagir.

Me débattre.

Hurler.

Rien ne sortit.

Juste un souffle étouffé derrière le bâillon.

Les policiers avancèrent prudemment.

Leur regard passa brièvement sur moi.

Trop brièvement.

L'un d'eux fronça les sourcils.

— « Il est attaché… »

— « Il a fait semblant », coupa Virginie, paniquée.

— « Il m'a forcée… il m'a manipulée… regardez-le ! »

Regardez-le.

Ils regardèrent.

Un homme au sol.

Sale.

Ensanglanté.

Immobilisé.

Pas une menace immédiate.

Le couteau, lui, était encore dans la main de Virginie.

— « Madame, lâchez l'arme. »

Elle obéit.

Le couteau tomba dans un bruit sec, presque libérateur.

— « À genoux. »

Elle s'exécuta en pleurant.

Ses mains tremblaient.

Son corps entier criait la peur.

Moi, je restais au sol.

Un policier s'approcha de moi.

Il s'accroupit.

— « Il est conscient. »

Il tira légèrement sur le bâillon.

Pas assez pour me libérer.

Juste assez pour vérifier que je respirais encore.

Nos regards se croisèrent.

Je vis dans ses yeux quelque chose que je n'oublierai jamais :

pas de haine.

Pas de compassion.

Du doute.

— « Il est blessé… » murmura-t-il.

— « C'est un manipulateur », cria Virginie derrière.

— « Il fait semblant ! »

Le policier hésita une seconde de trop.

Puis se releva.

— « On embarque la femme. »

On me releva brutalement.

La douleur explosa dans mes côtes.

Je gémis derrière le bâillon et en vrai c'était doux ce mal qui traversa mon être.

Ils me menottèrent dans le dos.

Serré.

Trop serré.

L'un d'entre eux alluma la radio pour demander une ambulance pour moi .

Quand ils me firent sortir de la cave, l'air froid me frappa le visage. La nuit était belle mais ma mère était attachée et c'était peut-être ce qui me ravirait la joie. Car qui était la personne qui avait appelé et comme savais t'elle que j'avais besoin d'aide et que savais t'elle vraiment sur moi ?

Virginie pleurait à côté de moi.

Elle répétait qu'elle n'y était pour rien.

Qu'elle avait eu peur.

Qu'elle avait été manipulée.

Personne ne l'écoutait vraiment.

Personne ne l'écoutait du tout.

Et pendant que la portière du véhicule se refermait, que le monde se réorganisait sans moi, une pensée claire, presque apaisante, traversa mon esprit :

> Être réduit au silence ne m'a jamais rendu innocent.

Ça m'a seulement appris à attendre.

Mon ambulance arrivait devant nous et on me dit de monter a l'intérieur. Mais il y avait quelques choses de louche, je le sentais sans le toucher. Soudain une voiture noire se gara un peu loin de la scène comme si ont m'observait ...

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