Ficool

Chapter 28 - le silence qui dit tout

— « Est-ce qu'il s'est passé quelque chose, GRÉY ? On a été informés de ton accident… »

dit l'homme de Dieu, qui bizarrement était aussi venu. À croire qu'il cherchait un nouveau portefeuille pour sa dîme.

— « Désolé, je dois m'en aller… Vraiment, je suis désolé. Et que la paix de Dieu vous accompagne ! »

ai-je dit en m'avançant vers un taxi.

Puis soudain, j'ai fait un pas en arrière.

— « Désolé, mais vous n'auriez pas de quoi prendre le taxi ? J'ai oublié mon portefeuille chez moi… »

ai-je ajouté, un sourire forcé sur les lèvres.

Falone dit alors :

— « Ce n'est pas grave, allons-y, je t'accompagne. »

Sous le coup, j'ai hurlé :

— « NON ! Enfin… je veux dire… je suis un peu sous le choc et j'aimerais être seul… »

Ma voix tremblait. Et c'était le cas.

En vrai, je voulais juste m'échapper de ce groupe de sans-âmes qui, au lieu de prendre soin de leurs familles, préfèrent laver le cul d'un homme qu'ils vénèrent plus que Dieu lui-même.

Bon, c'est vrai… Dieu n'a pas d'objets entre les jambes mais bon...

Mais ce n'étaient pas mes affaires.

L'homme de Dieu s'approcha de moi et me tendit un billet.

— « Tiens, c'est assez, je pense. Et que Dieu te fasse retrouver la paix que tu viens de perdre. » avait-il dit.

Les fidèles avaient vue de geste comme une preuve de fois,moi pas.

Il me regardait.

Ce regard, je ne l'oublierai jamais.

Pas parce qu'il m'a donné ce qu'il me fallait pour tuer ma mère…

Mais parce qu'il m'a regardé avec des yeux remplis d'amour, comme ceux de mon père et de ma mère autrefois.

Et là, j'ai compris que j'étais enfin moi.

La bombe qui tue en se tuant elle-même.

Et c'était parfait ainsi.

Oh, je vous jure, mes amis… je suis moi.

Et bien plus que ce que vous pouvez penser.

J'ai pris l'argent et j'ai souri.

Il venait de me donner la bénédiction pour aller tuer ma mère.

— « Merci. Et que cette bénédiction soit manifeste dans ma vie… Amen. »

Ils ont tous répondu amen . Je me suis retourné.

—« ce sont des idées ou bien c'est moi qui ne comprends pas ?» ai-je pensé

Puis j'ai pris le taxi pendant qu'ils me souhaitaient de bonnes choses.

Dans le taxi, je faisais ce que je sais faire de mieux :

planifier.

Penser à toutes les possibilités.

Mais ma mère, Virginie, ne savait pas mourir…

comme moi je ne savais pas être une bonne personne.

Au fond, je me dis que ce n'est pas si mal.

J'espère juste qu'on n'est pas dans un cartoon où les personnages subissent le même combat à chaque épisode.

Je ne sais pas pourquoi, mais mon cœur semblait recommencer à fonctionner.

Oui, je ne vous l'avais pas dit, les amis…

Depuis un moment, j'avais des maux de tête.

Je ne ressentais plus le goût de la nourriture.

Mais je n'arrive pas à arrêter de faire du mal.

Sauf que je ne le faisais plus aux autres.

Juste à moi-même.

Je suis un violeur.

Un tueur.

Une personne qui prend plaisir à détruire.

La mort fait ma vie.

Et je sais que c'est ce que toi qui lis, tu aimes…

N'est-ce pas ?

---

Pendant ce temps…

Pendant ce temps, c'est-à-dire à 8 heures du matin, Virginie faisait face à un enquêteur.

Et heureusement, ce n'était pas un enquêteur du S.H.A.R.D.

Juste un simple agent qui pensait avoir affaire à une femme folle.

— « Est-ce que je pourrais sortir d'ici ? »

demanda Virginie en tapotant le pied sur le sol.

— « Oui, vous allez bientôt sortir. Cependant, je veux savoir qui vous êtes et quel lien vous aviez avec Monsieur Aboghe Gréy. Pourquoi l'avez-vous agressé ? »

— « Je ne suis personne, monsieur l'agent. Et comme Monsieur Aboghe Gréy vous l'a dit avant qu'on ne l'emmène à l'hôpital, c'était un accident. »

dit Virginie d'une voix agressive.

— « Je comprends. Mais lorsque nos agents vous ont interpellée, vous avez répété plusieurs fois que Monsieur Aboghe Gréy était un tueur, un monstre, qu'il avait tué beaucoup de gens. »

— « Vous savez comme moi que je n'ai aucune preuve et que je parlais sous le coup de l'émotion… J'étais dans un personnage. Comme je vous l'ai dit, nous étions juste en train de faire un jeu. »

— « Je ne vous crois pas, madame. »

Il poursuivit :

— « Dans cette même maison, il y a eu un meurtre et une disparition. Et même si vous voulez me faire croire que vous n'êtes personne, j'ai des archives qui montrent le contraire. Oui, madame Virginie Nzé, épouse Aboghe. »

— « La question est simple : pourquoi avez-vous disparu, et pourquoi vouloir tuer votre fils ? »

Virginie leva les yeux vers l'hélice du ventilateur fixé au plafond.

— « Vous savez, monsieur l'agent… il y a des vérités qui sont bonnes à dire. Mais tout dépend de comment on les dit… »

Soudain, des pas résonnèrent dans le couloir.

Des chaussures chères.

Un homme entra dans le hall du commissariat.

Costume bleu.

Brushing impeccable.

Peau presque parfaite.

La lumière du soleil semblait être un don que le ciel lui avait fait.

Oui, je sais… c'est beaucoup pour un homme.

Mais c'est la vérité.

Il s'appelait Léo Bastien.

Avocat de la famille.

Et ancien meilleur ami de mon père.

Il venait défendre Virginie.

— « Bonjour, monsieur l'agent. Ne me dites pas que vous étiez en train d'interroger ma cliente sans son avocat ? »

dit Léo, la voix ferme, le regard perçant.

Un regard de ceux qui ont vu des batailles…

et qui les ont gagnées.

— « Ce n'est pas acceptable. Ma cliente n'a pas été respectée dans ses droits. »

— « Ne montez pas sur vos grands chevaux. Ce n'étaient que des questions d'identification, pas un interrogatoire. »

répondit l'agent en fermant son dossier.

Il se leva et ajusta sa chemise au col.

Virginie se leva aussi.

Les enquêteurs lui avaient donné à manger.

Elle n'y avait pas touché.

Elle pensait sûrement que c'était empoisonné.

Elle me voyait partout.

Debout, son souffle était coupé.

— « En fait… »

Elle marqua une pause.

— « Vous ne m'avez pas crue quand j'ai dit qui il était. Et pourtant, vous me demandez encore des explications… »

Son regard était presque vide.

Un regard de quelqu'un qui sait…

mais qui en a marre de crier la vérité sans être entendue.

— « N'arrêtez pas de chercher.

N'arrêtez pas…

Car la vérité est devant vous. »

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