Lieu : Londres et Domaines Kingsley, Angleterre
Date : 1622 – 1630
À douze ans, Alistair Kingsley ne possédait pas seulement la stature d'un homme et la force d'un athlète ; il possédait la vision d'un souverain. Le deuil de ses parents fut le catalyseur qui transforma son héritage en une machine de guerre économique et humaine. Pour Alistair, l'Angleterre n'était plus qu'un laboratoire, une étape nécessaire avant le grand saut vers le Nouveau Monde.
La Fondation de l'Ordre de l'Acier (1623)
Alistair savait qu'un roi sans armée n'était qu'une cible. Dès 1623, il commença à parcourir les quartiers les plus sombres de Londres, là où la peste et la misère laissaient des centaines d'orphelins à l'abandon. Il ne chercha pas la pitié, mais le potentiel.
Il sélectionna avec soin 20 enfants : 10 garçons et 10 filles, âgés de 10 à 12 ans. Il choisit ceux qui avaient "le regard" — cette étincelle de survie que la faim n'avait pas éteinte. Il les installa dans une aile isolée de son domaine du Surrey.
— « Je ne vous offre pas la charité, » leur dit-il, sa voix résonnant avec une autorité qui pétrifiait les petits mendiants. « Je vous offre une vie de puissance en échange d'une loyauté absolue. Vous ne serez plus des Kingsley par le sang, mais par l'esprit. »
Pendant sept ans, Alistair devint leur mentor, leur père et leur dieu. Il leur enseigna la lecture, l'écriture, mais surtout les rudiments de la circulation du Chi pour renforcer leur santé déclinante. Il leur transmit son savoir du Kenjutsu, adaptant les techniques de sa vie passée à leurs corps en croissance. À l'âge de 17 ans, ces orphelins étaient devenus des ombres létales, capables de terrasser trois soldats de la garde royale sans sourciller. Ils étaient le premier cercle de sa future "famille du monde".
L'Alchimie Financière (1624 – 1629)
Pendant qu'il forgeait ses guerriers, Alistair révolutionnait l'empire Kingsley. Utilisant ses connaissances d'ingénieur et sa compréhension des marchés modernes, il prit des risques que les banquiers de la City jugeaient suicidaires.
Il introduisit des techniques de comptabilité à double entrée plus sophistiquées et optimisa ses forges grâce à des systèmes de soufflerie hydraulique qu'il dessina lui-même. Il investit massivement dans la production de chanvre et de lin de haute qualité, utilisant des engrais naturels basés sur ses connaissances en agronomie.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes :
1622 (Héritage initial) : Environ £40 000 (une fortune immense pour l'époque, composée de terres, navires et stocks).
1629 (Fortune consolidée) : Près de £450 000.
En sept ans, Alistair avait multiplié la fortune familiale par plus de dix. Il était devenu l'homme le plus liquide d'Angleterre, capable de racheter des flottes entières. Mais il ne s'arrêta pas là. Il commença à prêter discrètement à la Couronne et à la Compagnie des Indes, s'assurant des faveurs politiques et des chartes exclusives pour des terres en Amérique (la future Virginie et le Nord)
La Liquidation et le Grand Départ (1630)
En 1629, Alistair prit une décision qui choqua le monde des affaires : il commença à vendre. Un par un, il céda ses manoirs, ses forges anglaises et ses parts dans les compagnies nationales. Il ne garda que l'or, les outils de précision qu'il avait lui-même forgés, et trois navires de guerre lourdement modifiés, les Kingsley's Reach, le Golden Eye et l' Argent Talon.
Le but était clair : convertir tout son empire en ressources mobiles.
Le jour de ses 19 ans, Alistair Kingsley se tint sur le pont du Golden Eye. Sa taille atteignait désormais 1m90. Sa chevelure blond argenté flottait au vent, et ses yeux ardents fixaient l'horizon ouest. Derrière lui, ses 20 "protégés", maintenant de jeunes adultes aux muscles d'acier et au regard calme, vérifiaient les cargaisons. Ils emportaient avec eux des semences sélectionnées, des plans de machines à vapeur primitives (qu'Alistair ne révélerait que plus tard) et assez d'armes pour conquérir un royaume.
— « Maître Alistair, » dit Gabriel, le plus doué des garçons, s'inclinant avec respect. « Les cales sont pleines. L'or est scellé. Les hommes sont prêts à mourir ou à bâtir pour vous. »
Alistair hocha la tête. Il sentait le Chi de l'océan, une énergie immense et brute. Il savait que dans ce monde Marvel, des forces antiques dormaient déjà sur le continent américain.
— « Nous ne partons pas pour mourir, Gabriel, » répondit Alistair, sa voix vibrant d'une puissance qui fit vibrer le bois du navire. « Nous partons pour créer une lignée qui verra la fin des temps. Levez l'ancre. L'Amérique est à nous. »
Sous les cris des mouettes et le claquement des voiles, la flotte Kingsley quitta Londres. Derrière eux, une époque se terminait. Devant eux, l'histoire de l'ombre commençait.
