Ficool

Chapter 3 - Chapitre 3

‎★ NEPHILIM ★

‎Une Fanfiction Undertale

‎Chapitre 3 — Les Règles d'un Monde qui n'a pas de Manuel

‎Player apprit la première règle de ce monde par accident.

‎Il marchait depuis ce qui lui semblait être une heure dans un couloir de pierre violacée, les mains dans les poches, quand il trébucha sur une racine et s'étala de tout son long sur le sol.

‎Rien de grave. Juste un genou écorché.

‎Sauf que l'interface apparut immédiatement.

‎> HP : 18/20

‎Il se redressa en fixant le chiffre. Il avait perdu des points de vie en tombant. Comme dans un jeu.

‎— Sérieusement ? murmura-t-il en regardant son genou. Pour une chute ?

‎Il posa deux doigts sur l'écran fantôme par instinct. Chercha quelque chose. Un menu. Une option. N'importe quoi.

‎Et là — blottie dans un coin de l'interface comme si elle avait toujours attendu qu'il la trouve — une fonction s'alluma.

‎⬡ SAVE

‎ Créer un point de sauvegarde ?

‎ [OUI] [NON]

‎Il appuya sur OUI sans réfléchir.

‎L'air autour de lui frémit. Pas violemment — juste un léger frisson doré, comme si le monde avait pris une grande inspiration et l'avait retenue. Une étoile jaune apparut au sol à ses pieds, brillante et tranquille.

‎✦ FILE SAVED ✦

‎ Lieu : Couloir des Ruins — Section 2

‎ HP sauvegardés : 18/20

‎ 

‎ [ Le futur reste ouvert. ]

‎Player lut la dernière ligne deux fois.

‎Le futur reste ouvert.

‎Il ne sut pas pourquoi cette phrase lui noua la gorge.

‎Il continua d'avancer.

‎La deuxième règle, il l'apprit cinq minutes plus tard.

‎Une petite fleur blanche avec un visage.

‎Elle était là, plantée au milieu du couloir, à le regarder avec un sourire qui n'atteignait pas ses yeux. Elle inclina la tête d'un côté avec l'air de quelqu'un qui trouve une situation très divertissante.

‎— Oh. Un humain. Encore.

‎Player s'arrêta.

‎— Tu... tu parles ?

‎— Brillante observation, dit la fleur d'une voix douce et traînante. Tu dois être nouveau. Laisse-moi deviner — tu es tombé du ciel, tu ne sais pas où tu es, et tu cherches une sortie ?

‎— À peu près, admit-il prudemment.

‎La fleur le fixa un moment. Quelque chose passa dans son regard — une curiosité étrange, presque méfiante, comme si elle cherchait quelque chose dans son visage.

‎— Tu n'as pas l'air effrayé.

‎— Devrais-je ?

‎— La plupart des humains qui tombent ici pleurent. Ou crient. Ou les deux.

‎Player haussa les épaules. La fleur plissa les yeux — ses yeux noirs, sans pupilles, qui n'exprimaient pas grand chose mais observaient tout.

‎— Tu es bizarre, dit-elle finalement.

‎— C'est possible.

‎Un silence. La fleur sembla peser quelque chose intérieurement. Puis, avec l'air de quelqu'un qui fait une concession qu'il regrettera peut-être :

‎— Je m'appelle Flowey. Flowey la Fleur. Et toi tu vas avoir besoin de savoir comment ce monde fonctionne si tu veux survivre plus de dix minutes.

‎— Player, dit-il simplement.

‎— Player ? répéta Flowey avec une intonation bizarre. C'est un nom ça ?

‎— C'est tout ce que j'ai pour l'instant.

‎Flowey le regarda encore. Cette fois plus longtemps. Quelque chose dans sa posture changea imperceptiblement — pas de la sympathie, non. Flowey ne faisait pas de sympathie. Mais peut-être... de la reconnaissance. Celle de quelqu'un qui connaît le sentiment d'exister sans vraiment savoir qui on est.

‎Il se détourna.

‎— L'AMOUR dans ce monde, dit-il d'une voix qui avait perdu son ironie traînante, c'est de l'EXP. Des points d'expérience. Plus tu en as, plus tu deviens fort. Et pour en gagner...

‎Il s'arrêta.

‎— Pour en gagner, il faut blesser les autres, compléta Player doucement.

‎Flowey se retourna vers lui, surpris.

‎— Tu le savais déjà ?

‎— Non. Mais c'est souvent comme ça que ça marche.

‎Un autre silence. Plus long cette fois.

‎— Il y a une autre façon, dit finalement Flowey, et il avait l'air presque contrarié de le dire. Une façon stupide et inefficace et qui ne marche pas toujours. Mais elle existe.

‎— Laquelle ?

‎— Être gentil. Épargner. Comprendre.

‎Il cracha le dernier mot comme s'il avait un goût amer.

‎— Ouais, murmura Player en regardant l'étoile dorée qu'il avait laissée derrière lui dans le couloir. Je crois que c'est ce que je vais essayer.

‎Flowey ne répondit pas. Mais il ne disparut pas non plus.

‎Il resta là, à le regarder avancer, avec une expression que personne d'autre n'aurait su nommer.

‎Toriel l'entendit avant de le voir.

‎Des pas hésitants. Légers. Un enfant qui ne connaissait pas encore le sol sous ses pieds.

‎Elle posa son livre et se leva.

‎Quand il apparut au bout du couloir — petit, cheveux blancs en désordre, yeux bleus qui regardaient partout avec une curiosité calme plutôt qu'une peur panique — elle sentit quelque chose se serrer doucement dans sa poitrine.

‎Encore un enfant tombé du ciel.

‎Elle s'agenouilla pour être à sa hauteur. Le regarda bien en face.

‎— Bonjour, petit. Je m'appelle Toriel. Je garde ces Ruins. Tu dois être perdu.

‎Player la regarda. Une grande créature douce avec des cornes et une robe violette et des yeux qui ressemblaient à ce que la chaleur aurait l'air si elle était une couleur. Il ne la connaissait pas. Il n'avait aucun souvenir d'elle.

‎Mais quelque chose dans sa voix lui fit l'effet d'une couverture en hiver.

‎— Un peu, admit-il.

‎— As-tu faim ? Mal quelque part ?

‎Il hésita. Puis :

‎— Juste des questions.

‎Toriel sourit — un sourire vrai, sans arrière-pensée.

‎— Alors tu es au bon endroit. J'ai tout mon temps. Et peut-être aussi de quoi faire de la tarte aux poivrons si ça te tente.

‎Player ouvrit la bouche pour répondre.

‎Et pour la première fois depuis son réveil dans les fleurs jaunes, quelque chose de très petit et de très fragile bougea dans sa poitrine.

‎Pas un souvenir. Pas un nom.

‎Juste l'idée que peut-être — peut-être —

‎Ce monde pouvait être un endroit où il ferait bon rester.

‎Il suivit Toriel dans le couloir.

‎Et l'étoile dorée qu'il avait laissée derrière lui continua de briller, tranquille, dans l'obscurité des Ruins.

‎Fin du Chapitre 3 —

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